Vendre une maison avec une infraction urbanistique : ce qui se passe vraiment chez le notaire
- Simon Gemis
- 7 juil.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 juil.
Le scénario est presque toujours le même. Le compromis est en préparation, les acheteurs et vendeurs sont motivés et pressés, et le notaire demande les renseignements urbanistiques à la commune. La réponse tombe : la véranda, l'extension ou la division en appartements n'a jamais été autorisée. Et là, tout s'effondre...
Voyons ce qui se joue réellement, et surtout ce qu'on peut encore faire.
L'obligation d'information du notaire
En Belgique, le notaire ne peut pas passer une infraction sous silence. Les renseignements urbanistiques communaux sont annexés à l'acte et l'acheteur doit être informé de la situation réelle du bien. Vendre « en l'état » reste possible, mais l'acheteur signe alors en connaissance de cause, et il en tire les conséquences dans la négociation.
Ce que ça coûte concrètement au vendeur
Trois scénarios se présentent, du moins mauvais au pire.
La décote : l'acheteur reprend le risque à son compte et demande une dévaluation du prix initial.
La clause suspensive ou la consignation : une partie du prix est bloquée chez le notaire en attendant la mise en conformité, et la vente traîne.
Le retrait pur et simple : l'acheteur, ou sa banque, renonce.
Dans les trois cas, l'infraction non traitée coûte plus cher que sa régularisation.
La stratégie qui protège le prix :
Régulariser avant ou pendant la vente : Contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire d'attendre la fin de la procédure pour vendre sereinement. Un dossier de permis de régularisation déposé, complet et signé par un architecte agréé change la dynamique : le notaire dispose d'un élément tangible, l'acheteur voit que la situation est prise en main, et la négociation se fait sur des bases saines. Dans les marchés tendus, où les délais de vente sont courts, cette anticipation fait souvent la différence entre une vente au juste prix et une vente bradée.
Par où commencer
1. Demander les renseignements urbanistiques avant la mise en vente, pas après l'offre
2. Faire relever l'existant par un architecte et le comparer aux permis délivrés
3. Évaluer la faisabilité de la régularisation et son coût réel
4. Déposer le dossier et informer le notaire de la procédure en cours

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